Belles fêtes à tous

livre-noel
Crédit photo : Dreamstine

 

Un sapin de lumière
doucement éclaire
le visage souriant
d’un repas d’amitié.

Un homme triste
picore sur la table
quelque mets solitaire
près d’une photo
des jours heureux.

Une femme rejoint
le gîte et le couvert
d’une association
où les bénévoles
s’activent à la joie.

Un enfant rêve
au cœur du salon
à la magie d’un prochain
matin cadeaux.

Un malade reçoit
le soin simple et doux
d’une infirmière de garde
qui offrira cette nuit
son temps au réconfort.

24e jour ordinaire de décembre,
quelque part sur Terre.


Sandra Dulier, plume funambule
24.12.2016

Les tiroirs : extrait de Carnets poétiques

Les tiroirs où dort ma plume ont à leurs papiers des encres aux horizons inclinés, poudre claire d’une lune d’été. Là, le jour somnole ses aubes comme des feux de bengale en ciel étoilé. Tu n’approcheras jamais le sommet d’une dune comme tu le ferais d’une aurore boréale : tout mystère dans le vent des marées.

Le Poète connaît des voiles les boussoles du voyage, ces regards humains aux mains creuses de vie, pêchant dans la crique de leurs souvenirs quelque note bleue en signet de plage. Vert ou gris, j’ai oublié le nom de ces coques aux nacres annuelles qui sèment leurs sillons d’écume à l’ouest de leur mémoire.

Comme le chant des sirènes, nous aimons tous l’envoûtement des oublis, citadelles de sable rendues à l’origine du monde. L’Homme est un marin au flou migratoire. Il rejoint ainsi tous les mortels Icare qui peuplent encore d’une averse–nuage leurs rêves d’envol. Il gardera alors comme un trésor les mots indicibles qu’un mage voyant du nom de Poète a laissés en Terre–Neuve, sous ces avides patiences qui ornent encore le jour disparu.

Et d’un flux de mots jaillit la lumière, miracle renouvelé de l’Alchimiste, transformant l’encre noire d’un fond de chêne en ramure–soleil. Il restera à ce chaman des Muses la fragile tâche de déposer en quelques lignes tout le précieux d’un humble silence pendant que la plume, en volutes tactiles, croîtra sous l’Astre ses vers déchus.

Il faut de longs voyages pour quelques gouttes de sagesse cryptées de lune.

(Sandra Dulier sera présente au Salon du livre de Paris le dimanche 26 mars 2017, de 10h à 14h, stand TheBookEdition, 1-D62)

 

Sandra Dulier, plume funambule,
extrait de Carnets poétiques (novembre 2016)
ISBN 978-2-9601909-2-2

3-7

Sur les pas d’un poème : extrait de Carnets poétiques

Sur les pas d’un poème, j’ai craqué le fil d’une page, tourné l’aube des rêves en claires vagues. Ah ! l’écume des mots quand tu essaimes les lignes de nos torpeurs immobiles ou voltigeuses vrilles… Le poème est un voyage aux inconnues destinations, mais là sans doute est la coquille de ses beautés. Je les ramasse au matin au bord d’un carnet, le crayon suspendu sur les collines-nuages et, sans un bruit, dans un silence de moniale, je capte les lumières qui parcourront le seuil de nouvelles pages… Je lustre les poussières d’étoiles pour l’éternité d’une muse dansante sous le feu bengale d’une nouvelle lune. Les cycles de l’écriture hypnotisent le temps apprivoisé qui ruisselle les soirs au chevet d’une lecture.


Sandra Dulier, plume funambule,
extrait de Carnets poétiques (novembre 2016)
ISBN 978-2-9601909-2-2

3-7

Clarté des songes

Comme un berceau
sur le fil du ciel,
la lune sourit
au passager du soir.

Quelle tunique
vêt les rêves
quand le regard
est ainsi perdu ?

Dans l’ornière bleue
d’une comète vive,
un arbre-nuages
a enclos mon imaginaire.

Le jardin des étoiles
est un pré d’âmes
et l’univers murmure
un doux bonsoir.


Sandra Dulier, Plume Funambule

 

Voyages

Sur le pré de nos possibles,
les rêves ont en horizon
leurs simples écrits ;
soleil se lisant en lever d’un jour
sur la face cachée de nos espérances.
L’aube du monde naît alors deux fois,
remerciant leurs rêves
pour le courage de leurs voyages.


Sandra Dulier, Plume Funambule

 

Je voudrais plumer un peu

Je voudrais plumer un peu
les arbres et les cieux,
les coeurs et les silences,
les jours et les demains.

Je voudrais plumer un peu
ce qu’il me reste de rêves bleus,
l’instant à la poésie
en renouement des dires.

Je voudrais plumer un peu
aux nuées audacieuses
quelques verbes de passage,
encres fines d’espoir.

Je voudrais plumer un peu
ce qui vibre encore
et l’offrir au matin
en fleurs de nuit.

Je voudrais plumer un peu
et cette aile posée là
sera l’écrin d’autres joies,
la lumière en trésor.

J’ignore quand tu trouveras
ce petit chemin de poète ;
le jardin n’y est pas très grand,
mais il est paisible.