Dans la soie des mots

Dans la soie des mots,
les lignes jouent
sur le pas d’un fil
tissé du vent
d’envols naissants.

Les criques vagues
impriment un poème
sur le sable des silences.

Rien n’arrête la plume fugueuse
quand elle veut migrer
dans l’espace bleu
des  infinis.

La liberté est un cadeau,
enlacement d’embruns
aux couleurs de voiles.

Le poète écoute
le murmure d’une muse
cachée dans les jupes
d’étoiles lointaines.

Cœur de poésie,
âme et flux,
le monde inverse
quelques secondes
la roue des hommes
et son chemin de pierre.

Les rêves surgissent
dans l’aube douce
de simples lettres,
sacs de billes
sur le bord d’un oubli.

La soie des mots
caresse la joue
du poète inspiré
tandis que glisse
lentement
le chant de la nuit.


Sandra Dulier, Plume funambule
Ses livres – Commandes et dédicaces

Belles fêtes à tous

livre-noel
Crédit photo : Dreamstine

 

Un sapin de lumière
doucement éclaire
le visage souriant
d’un repas d’amitié.

Un homme triste
picore sur la table
quelque mets solitaire
près d’une photo
des jours heureux.

Une femme rejoint
le gîte et le couvert
d’une association
où les bénévoles
s’activent à la joie.

Un enfant rêve
au cœur du salon
à la magie d’un prochain
matin cadeaux.

Un malade reçoit
le soin simple et doux
d’une infirmière de garde
qui offrira cette nuit
son temps au réconfort.

24e jour ordinaire de décembre,
quelque part sur Terre.


Sandra Dulier, plume funambule
24.12.2016

À toutes les femmes : extrait de Carnets poétiques

Détache-toi du regard d’autrui. Avance et oublie. Tu es rare et précieuse : ne laisse personne insinuer le doute. Oui, tu es une femme de valeur. Courageuse et solaire, déploie tes ailes. Toi seule connais le chemin. Toi seule sais. C’est ton combat. Ne tache pas tes pensées par des esprits chagrins. Reste claire. Les gens qui t’aiment comprennent. Éloigne le reste. Tu es juste quelqu’un de bien. Respire. Écris. Sois couleurs sous la plume. Tu as encore une infinité devant toi. C’est le tri de la vie, nécessaire. Des liens se créent. Ils sont ta future richesse. Rien ne se perd, tout se transforme. Le sens est là. Une vie dépouillée, mais l’Amour au centre…


Ce texte a connu un destin particulier puisqu’il a été partagé plus de 20 000 fois sur Pinterest sous sa forme visuelle. Carnets poétiques contient d’autres textes aux hasards aussi heureux comme « Lire, c’est éprouver ce temps subtil de minutes à soi » (partagé par Babelio sur sa page Facebook) ou « Dans la grâce des flocons danse l’imagination. » (partagé par Québec Loisirs sur son profil Pinterest).


Sandra Dulier, plume funambule,
extrait de Carnets poétiques (novembre 2016)
ISBN 978-2-9601909-2-2

3-7

Germinantes gestations

L’hiver est grenier des éclosions du printemps, berceau bulbeux de nos sphères de renaissance. C’est un temps de repos ; fragrance des futurs enfantements. L’hiver est froidure comme soleil blanc, ni chaud ni ombre, intense quand il nous écharpe un bout de ciel. L’hiver est un temps de poète dans la qualité des silences quand la nature scintille, floconnée en collines. L’hiver est ce rapprochement d’oiseaux au coeur de nos jardins, soudain ailés de mille appétits. Il luge nos souvenirs, nostalgie d’autres joies pentues. Les albums d’été et les catologues de jardinage compulsent nos rêves de leurs semailles. J’ai envie de vivre cet hiver comme la plus belle des parades.


Sandra Dulier, Plume Funambule

Voyages

Sur le pré de nos possibles,
les rêves ont en horizon
leurs simples écrits ;
soleil se lisant en lever d’un jour
sur la face cachée de nos espérances.
L’aube du monde naît alors deux fois,
remerciant leurs rêves
pour le courage de leurs voyages.


Sandra Dulier, Plume Funambule

 

Je voudrais plumer un peu

Je voudrais plumer un peu
les arbres et les cieux,
les coeurs et les silences,
les jours et les demains.

Je voudrais plumer un peu
ce qu’il me reste de rêves bleus,
l’instant à la poésie
en renouement des dires.

Je voudrais plumer un peu
aux nuées audacieuses
quelques verbes de passage,
encres fines d’espoir.

Je voudrais plumer un peu
ce qui vibre encore
et l’offrir au matin
en fleurs de nuit.

Je voudrais plumer un peu
et cette aile posée là
sera l’écrin d’autres joies,
la lumière en trésor.

J’ignore quand tu trouveras
ce petit chemin de poète ;
le jardin n’y est pas très grand,
mais il est paisible.